Une forte pression sur le pastoralisme

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Cette activité risque de subir de sensibles perturbations en conséquence du réchauffement climatique.

Si les phases hivernales et estivales de l’activité pastorale se distinguent très bien, l’une se déroulant en stabulation et l’autre en alpage, elles n’en demeurent pas moins imbriquées : l’alimentation d’hiver dépend des fourrages et le rendement en herbe des alpages durant l’été est étroitement lié à la couverture neigeuse et à sa fonte – la fonte des neiges amorçant la phase végétative et la possibilité d’exploitation pour nourrir les animaux. Or, les deux paramètres que sont la couverture neigeuse et sa fonte seront, comme vu précédemment, incontestablement impactés par le changement climatique.

La Fédération des alpages de l’Isère observe déjà des effets sur la productivité de la période d’estive, en trois phases, et on peut raisonnablement considérer que le même constat est valable pour de nombreuses autres zones de montagne.

Dans un premier temps, les éleveurs constatent que la saison d’estive commence plus tôt, en réponse à une fonte nivale anticipée. L’allongement de la période d’estive est déjà observé depuis plusieurs années : il peut atteindre dix jours à une altitude de 500 mètres, et quatorze jours à 1500 m.

Du fait de cette anticipation de la fonte nivale, les plantes puisent précocement dans les réserves du sol – notamment les réserves en eau –, ce qui peut s’avérer dommageable pour la deuxième phase, celle du milieu de l’été. En effet, potentiellement soumises au stress hydrique, les prairies risquent de présenter des déficits d’enherbement et donc de ne pas fournir assez d’alimentation au troupeau . Des apports extérieurs en eau et en fourrage – au détriment des stocks conservés pour la saison hivernale – peuvent être alors nécessaires.

Enfin, dans un troisième temps, si la période se prolonge par une repousse de l’herbe, celle-ci n’intervient que tardivement. Le potentiel de productivité de cette période est restreint par différents paramètres tels que les conditions d’ensoleillement ou l’évolution des températures.

En conséquence de toutes ces évolutions, les éleveurs ont observé des effets directs sur leurs troupeaux avec, notamment, une réduction de la prise de poids moyenne des bovins, de l’ordre de 50 % (entre les périodes 1994-2002 et 2003-2006).