Le réchauffement climatique laisse présager des impacts sur les conditions d’exercice de l’agriculture en montagne, avec notamment des répercussions sur les productions traditionnelles aussi bien en terme de volumes que de qualité.
Les principaux paramètres (non spécifiques à la montagne) agissant sur la croissance végétale sont à la fois l’augmentation de la concentration en CO2, l’augmentation des températures et les variations de pluviométrie. Ainsi, dans le contexte de réchauffement climatique, le processus de photosynthèse devrait être favorisé par l’évolution de ces paramètres.
La figure suivante illustre ce phénomène à travers l’exemple des dates des premières coupes de luzerne en moyenne montagne. A partir de simulations, on estime que les premières coupes devraient s’effectuer environ douze jours plus tôt par rapport à la période 1961 – 1989.

Néanmoins, ces effets bénéfiques pourraient être contrebalancés par des déficits hydriques plus marqués prévus en été ou encore par un décalage entre la disponibilité en carbone et en azote ; ce déficit en azote peut être compensé par l’ajout d’intrants avec néanmoins des effets néfastes sur l’environnement.
La multiplication des phénomènes climatiques extrêmes – sécheresses estivales plus fréquentes, du fait de l’appauvrissement relatif de la ressource en eau, lié notamment à une fonte plus précoce de la neige en fin d’hiver – et l’apparition de nouveaux parasites – la chaleur étant propice à la propagation des épizooties – sont d’autres facteurs susceptibles de nuire aux récoltes. Les incertitudes sont néanmoins encore nombreuses.
Quant aux productions végétales, elles devraient voir leurs qualités organiques évoluer, comme cela est déjà observé dans le secteur viticole, l’augmentation en sucres des fruits ayant une incidence directe sur le bouquet et la teneur en alcool du vin. L’exemple de ce secteur de production illustre clairement les difficultés auxquelles se trouveront confrontées les productions encadrées par des régimes de qualité certifiée, et tout particulièrement les appellations d’origine contrôlée (AOC).
La quantité et la qualité à la fois de l’herbe et des fourrages pourraient également avoir un impact direct sur la qualité des productions qui en dépendent, notamment les viandes, le lait et les produits laitiers, toutes importantes pour l’économie agricole pyrénéenne.
