Elévation des étages de végétation

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La mutation la plus remarquable de la forêt montagnarde en réponse aux changements climatiques se traduirait par une translation des étages de végétation vers le haut. Une hausse de température de 1°C devrait en effet s’accompagner d’une élévation de 150 mètres en altitude de la forêt.

Ainsi, en plus de bouleverser le paysage montagnard, ce phénomène pourra engendrer des conflits d’usage, la forêt étant amenée à gagner progressivement les prairies d’altitude destinées ordinairement au pastoralisme.

En outre, l’assèchement des sols - lié au stress hydrique résultant de la hausse globale des températures - devrait constituer un facteur important de fragilisation générale des forêts sur les terrains à forte pente. Cela peut s’avérer problématique pour les populations montagnardes locales puisque ces forêts assurent fréquemment un rôle de protection contre l’érosion et les glissements de terrain.

Par ailleurs, une progression du risque incendie dans des massifs forestiers – qui jusque-là étaient épargnés – peut être une autre conséquence de cet assèchement global du sol.

Enfin, le dernier paramètre concourrant à la fragilisation des forêts fait référence à l’accroissement du risque sanitaire. En effet, avec des températures plus clémentes, la diffusion des agents pathogènes – vers, champignons, virus – est largement favorisée au point de menacer d’extinction complète certaines essences (ex. : l’épicéa).

Un phénomène à nuancer

Des scientifiques ont déjà constaté que des espèces se déplaçaient en altitude à la recherche d’un habitat plus adapté, mais toutes les espèces ne seront pas capables de se déplacer.

L’hypothèse courante selon laquelle le réchauffement climatique induirait l’élévation d’étages entiers de végétation est à nuancer. En effet, les réponses des espèces végétales aux changements climatiques peuvent être de plusieurs ordres :
- la persistance dans le climat modifié : adaptation génétique progressive, plasticité phénotypique, indifférence au changement climatique ; 
- la migration vers un climat plus adapté (plus fréquente que la persistance) ;
- l'extinction : elle concerne notamment les espèces confinées au sommet des montagnes ou sous des barrières infranchissables car leurs habitats se réduira de plus en plus.

Il est fort probable que ce soit l’étage alpin qui connaisse les plus grands changements car en s’élevant, la végétation de cet étage sera confrontée à une diminution drastique de sa surface (63% pour 3°C) et à des conditions physiographiques radicalement différentes.

De plus, les populations de plantes résistantes au froid, dont l’aire de répartition est limitée à l’actuelle zone nivale, seront en danger si la température augmente de 3°C ou plus :
- soit parce qu'elles ne pourront pas migrer suffisamment vite ; 
- soit parce que la zone nivale n'existera plus (altitude des montagnes insuffisante).
Les résultats de cette simulation révèlent que le réchauffement climatique – selon le scénario B2 – pourrait entraîner d’ici à 2050-2100 une très forte régression des aires chorologiques spécifiques au milieu montagnard pyrénéen, au profit d’une massive extension de l’aire chorologique méditerranéenne.